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| Les Riceys XVI |
 LES RICEYS
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 Introduction |
Eglise Saint-Pierre-es-liens de Ricey_Bas |
Cet édifice a été classé monument historique en 1840. C’est l’une des trois églises des XVe et XVIe siècles de cette vallée ou chaque colline est recouverte de vigne de champagne. |
Comme dans tout le département de l’Aube, cette période des XV et XVIe siècles furent propices à de nombreuses créations de verrières. Les cartons servaient souvent de modèles à plusieurs verrières dans des églises différentes et éloignées. Cela va nous permettre de reconstruire certaines scènes, car il suffisait de trouver le modèle pour reconstituer les parties disparues. C’est comme cela que j’ai parcouru tout le département à la recherche des ces modèles. |
Les verrières de cette église ont eues aux cours de siècles de nombreux vandalismes ou orages de grêle comme celui de 1869 qui détruisit un grand nombre de verrières. Lors de la second guerre mondiale, un certain nombre de verrières ont été déposées. L’atelier de Jacques Gruber fut chargé de leur restauration pour certaines verrières tandis que d’autres restaient stockées dans l’annexe du trésor de la cathédrale de Troyes. La baie 103 était l’une de ces verrières emballées d’une façon lamentable avec une intervention d’un verrier local qui c’était mis à coller les pièces sur des plaques de verres. |
Il est vrai que nous pourrions parler longuement des autres verrières de ce programme de restauration qui nous a été confié mais cette baie 103, dont l’iconographie est sur la Genèse, est sans doute une des verrières les plus connues et la plus représentative de cette période du XVIe siècle dans ce département de l’Aube. |
Nous ne savions pas ce que contenaient les caisses puisque aucune photographie lors de l’appel d’offre ne permettait d’analyser les travaux à réaliser. C’est donc avec beaucoup d’envies et de surprises que nous découvrions chaque panneau.
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L’état de la verrière était catastrophique : pièces cassées, plomb détérioré, altération aux deux faces, peinture fragile, dépôts et encrassement ayant durci depuis leur mise en caisse. C’est sans doute la désorganisation des scènes qui nous paraissaient choquante. |
Comprendre le vitrail dans ce département, c’est à partir à la découverte des autres sites. C’est ce que nous avons fait pour bien comprendre et surtout prendre le maximum de photographies des autres verrières en essayant d’authentifier les pièces anciennes afin de ne pas se mettre à copier une restauration du XIXe siècle. |
Le premier travail est avant tout après avoir compris la scène et vu les exemples des verrières de la région, c’est de réaliser un premier inventaire des pièces de verres. C’est absolument primordial si on veut poursuivre le travail sur cette œuvre. Cet inventaire se poursuivra pendant la restauration de l’oeuvre et s’achèvera à la fin de sa restauration. C’est important de s’interroger en cours de la restauration car notre seule investigation pour l’authentification d’un verre, c’est encore notre connaissance sans autre moyen mécanique ou chimique. |
A partir de se travail vient se compléter celui de l’iconographie. Il faut donc travailler à partir de recherches ou de textes existants. Le temps imparti à la restauration ne permet pas d’effectuer soit même se travail du moins à long terme. Nous avons donc travaillé à partir des textes de Paul Biver « L’école Troyenne de la peinture sur verre » Paris 1935, de Michel Herold « Cartons et pratiques d’ateliers en Champagne méridionale » in Mémoire de Verre 1990 et de Nicole Hany « Un peintre verrier de la renaissance, Jean Soudain » in Revue de l’Art 1984. |
Il est vrai que le développement des vitraux dans cette région de champagne méridionale, c’est fait par la copie des cartons mais avec une exactitude surprenante comme nous le montre la superposition de ce personnage entre celui de Troyes et celui de Les Riceys-Bas. Ce constat nous encouragea à trouver et à se servir des modèles que nous trouvions sur les autres verrières. |
Nos principales sources furent celle des verrières des église de Dienville, de Pouan-les-Vallées, Montfrey, Villeret-Herbisse, Chavanches, Saint-Florentin. |
Malgré le dépôt en caisse des panneaux aucune analyse n’avaient pu être faite auparavant. Nous avons pris en contrat de mission pour cette opération Frédéric Pivet, MST, qui a dans son premier rapport, donné les axes de recherche. Ces travaux ont été poursuivit au LRMH. |

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Nettoyage face interne Suivant protocole d’étude : ¨ À l’aide d’un bâtonnet, test d’arrachage de la peinture sur verre. Dépoussiérage avec aspirateur aidé d’un pinceau doux. Aspiration des poussières par un aspirateur qui filtre aussi les particules de plomb. ¨ Sur les pièces spécifiées dans l’inventaire comme fragiles. Principe de précaution : Protection des mains par gants et visage par demi masque à cartouches, vêtements de sécurité. Aspiration avec un aspirateur possédant des filtres secondaires avec efficacité de 99,995 % à 0,3µm. Et dont l’embout est muni d’un filtre pour ne pas aspirer d’éventuels fragments de verre. ¨ Avec lunette grossissante, nettoyage au bâtonnet de coton à l’aide d’eau déminéralisée + 5 % d’éthanol. ¨ Sur les pièces non fragiles et uniquement pièce à pièce, vaporisation d’eau déminéralisée + 5 % d’éthanol et essuyage immédiat. Opération renouvelée plusieurs fois, quatre au minimum. ¨ Pièces fragiles : Application d’une compresse puis passage au pinceau sur la compresse d’eau déminéralisée + 5 % d’éthanol. Application d’un film de plastic pour que l’eau ne s’évapore pas. Temps 10min, renouvelé trois fois puis application de compresses sèches pour absorber le plus possible de liquide résiduel. ¨ Finition au bâtonnet de coton avec lunettes grossissantes et caméra macro. ¨ Résidus de mastic : Dégraissage au bâtonnet de coton d’acétone puis pose d’une compresse de thiosulfate de sodium pendant 30min. Rinçage soit par pose de compresses pour les pièces fragiles soit par bâtonnet de coton. ¨ Nettoyage des collages : De nombreuses pièces ont été collées in situ et le surplus de colle dépasse. Celui-ci est coupé et la pièce nettoyée. En raison des solvants travaux sous hotte aspirante |
Nettoyage face externe Suivant protocole d’étude : ¨ À l’aide d’un bâtonnet, test d’arrachage de la peinture sur verre mis parfois en rehaut sur la face externe... ¨ Dépoussiérage avec aspirateur aidé d’un pinceau doux comme pour la face interne ¨ Avec lunette grossissante, nettoyage au bâtonnet de coton à l’aide d’eau déminéralisée + 5 % d’éthanol. ¨ Par compresse humide pendant 10min, par zone de 30 x30 cm maximum, puis deux compresses sèches. ¨ Dépôt grumeleux par compresse de thiosulfate de sodium lorsque cette couche ne s’en va pas aux compresses humides. En raison des solvants travaux sous hotte aspirante 
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Dessertissage sous hotte aspirante ou bras articulé Le dessertissage est une opération importante, il ne sera fait que ponctuellement sur certains panneaux. La largeur des plombs sera bien notée. Tous les principes de précaution sont mis en œuvre pour que toutes les pièces soient bien desserties. La remise en plomb a permis : ¨ D’accéder aux pièces brisées pour un nettoyage complet en raison des larges plombs actuels. ¨ De pouvoir nettoyer les pièces sur toute leur surface particulièrement les tranches de verre, évitant de laisser des résidus actifs sous les ailes de plomb. ¨ De redonner une bonne rigidité aux panneaux. ¨ De supprimer un maximum de plombs de casses. ¨ De réorganiser des ensembles de pièces perturbées par des restaurations anciennes. Nettoyage du chant des pièces Une grande partie des produits d’altération et des dépôts est supprimée lors des nettoyages précédents, mais une intervention de finition est nécessaire en vue de la remise en plomb des tiffany ou de collages. Travaux : ¨ Thiosulfate de sodium à 10 % dans l’eau déminéralisée appliquée au coton sur bâtonnet ¨ Eau déminéralisée au coton sur bâtonnet. ¨ Scalpel ponctuellement. |
Pièces peintes Chaque pièce peinte est en raccord de ton, de valeur et de dessin avec la pièce à refaire ou à compléter. Toutes les pièces neuves sont gravées en face externe de l’année de leur exécution et répertoriées sur les fiches des panneaux. Les pièces neuves dans le cas de greffe sont assemblées soit par collage, soit par Tiffany. Le choix est déterminé en fonction des grugeages pour les tiffany ou de collages silicone pour les pièces à casses nettes. |

 | | Mise en chef d'oeuvre |
Collage ou Tiffany Les collages sont faits au silicone Caff3 pour les pièces claires et les pièces à casse nettes sans grugeages. Le champ de chaque pièce de verre est parfaitement nettoyé. Les travaux sont aussitôt marqués avec leur symbole sur les fiches. Une attention toute particulière devra être faite pour que le silicone ne migre pas dans les surfaces altérées et poreuses. De nombreux plombs de casse ont des ailes de plombs rendant facile le collage. Cette méthode d’ailes de plomb était souvent utilisée pour masquer en transparence la tranche de verre cassée. Nous sommes toujours heureux de les retrouver car cela permet un collage de la pièce. Aucun masticage des panneaux. |
Montage en plomb des lancettes Le montage en plomb a été réalisé avec une largeur de 6mm et avec des hauteurs différentes entre les pièces peintes avec une âme haute de 3 à 5. Cette différence est due simplement à l’épaisseur des verres. Soudure et contre soudure à chaque jonction des plombs. |
Plomb ancien Le réseau en plomb ancien d’origine a été consolidé et conservé. |
Double verrière Suivant les anciennes méthodes une double verrière en vitrail avait été demandée. |
Dossier documentaire L’ensemble de ces travaux a fait l’objet d’un dossier documentaire comprenant : ¨ Photographie argentique couleur avant et après sous photomontage, ¨ Photographie de tous les dessins nécessaire aux recompositions, ¨ Critique d’authenticité des pièces de verre, ¨ Relevé des collages et tiffany, ¨ Relevé des consolidations des réseaux de plomb ancien, ¨ Relevé des peintures fragiles et des refixations, ¨ Relevé des pièces neuves, ¨ Photographie des frottis avec les pièces de bouche-trous non remise dans la verrière, ¨ Relevé des pièces bouche-trou non remise dans la verrière, ¨ Mise sous cinq cédéroms de l’ensemble des photographies numériques ayant servit aux travaux. |

 | | Etat de la verrière avant et après |
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